C’est l’une des phrases que j’entends le plus souvent en début d’accompagnement.
« Je ne sais pas ce que je veux. »
Elle arrive souvent après un silence. Comme si la femme en face de moi s’excusait de ne pas avoir de réponse claire. Comme si ne pas savoir était un échec.
Ce n’est pas un échec. Et ce n’est pas un vide non plus.
Ce que « je ne sais pas ce que je veux » veut dire vraiment
Quand je creuse un peu, ce que j’entends derrière cette phrase, ce n’est jamais l’absence totale de désir. C’est autre chose.
C’est : j’ai des envies, mais je les enterre aussitôt parce que je me dis que c’est pas raisonnable. Que c’est pas pour moi. Que ça va décevoir quelqu’un.
C’est : je sais ce que je ne veux plus. Mais je n’arrive pas encore à formuler ce qui vient après.
C’est : j’entends encore cette voix qui dit que mes désirs ne sont pas légitimes. Que ce que je veux vraiment est trop grand, trop différent, trop éloigné de ce qu’on attendait de moi.
Ce n’est pas un problème de clarté. C’est un problème de permission.
D’où vient cette voix
Dans la plupart des accompagnements, on remonte assez vite à la même source : les conditionnements qui se sont installés tôt. Pas forcément des traumatismes visibles. Souvent des messages beaucoup plus discrets, répétés pendant des années.
« Pourquoi t’as pas eu 20 ? » sur un 18/20 en maths.
La danse refusée parce que la sœur n’avait pas aimé.
« Tu es complètement irresponsable » quand tu oses choisir autrement.
Ces messages ne disent pas directement « tes désirs ne comptent pas ». Mais c’est ce qu’ils installent. Et avec le temps, tu apprends à filtrer tes envies avant même de les formuler. Tu commences à vouloir ce qui est acceptable plutôt que ce qui est vrai.
Je connais ce mécanisme de l’intérieur. J’ai moi-même mis des années à comprendre que certains de mes choix venaient de moi, et d’autres de la peur de décevoir.
Le flou n’est pas l’ennemi
Ce que je vois dans les accompagnements, c’est que le flou a une fonction. Il protège.
Tant que tu ne sais pas exactement ce que tu veux, tu ne peux pas vraiment le rater. Tu ne peux pas vraiment décevoir. Tu restes dans un entre-deux qui fait mal, mais qui est familier.
Sauf que cet entre-deux a un coût. Il te prend de l’énergie en permanence. Il t’oblige à rester dans un rôle qui ne te ressemble plus. Et plus tu attends, plus la question revient, plus forte, plus insistante.
Le flou n’est pas une absence de désir. C’est un désir qui attend la permission d’exister.
Comment ça bouge
Ce qui aide, ce n’est pas de chercher LA réponse. Ce n’est pas de faire un bilan, de remplir un tableau de valeurs ou de suivre un processus en cinq étapes.
Ce qui aide, c’est de distinguer ce qui vient de toi de ce qui vient du conditionnement. De commencer à entendre la différence entre la voix qui dit « c’est pas raisonnable » et celle, plus petite, plus timide, qui sait très bien ce qu’elle veut.
Cette deuxième voix est là. Elle a toujours été là. Elle attend juste qu’on lui fasse assez de place pour parler.
C’est exactement ce qu’on fait dans un accompagnement : pas te donner des réponses, mais créer l’espace pour que les tiennes remontent.
Si tu sens que quelque chose cherche à bouger mais que tu n’arrives pas encore à le nommer, Ose le Déclic est fait pour ça. Quatre séances pour sortir du flou, identifier ce qui bloque vraiment, et repartir avec une direction qui te ressemble.
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