Pendant des années, j’ai regardé ma compagne s’éteindre.
Quatre changements de directeur en cinq ans. La pression du monde des médias. Une charge de travail qui ne baissait jamais. À chaque nouvelle direction, il fallait s’adapter à un fonctionnement différent, repartir de zéro, se refaire une place.
Un week-end, on partait en Normandie dans sa famille. Elle a pleuré tout le long du trajet. Je lui conseillais de s’arrêter, de voir un médecin. Elle disait que non, qu’elle n’avait pas le choix, qu’elle devait continuer.
Et puis un matin, elle ne savait plus qui elle était. Black-out complet.
Elle est restée six mois prostrée sur le canapé, incapable de bouger. En arrêt maladie. Puis un an et demi d’accompagnement, une psy, un coach. Deux ans au total avant de négocier son départ et de recommencer à chercher.
Ça, c’est un burn-out. Pas une transition de vie.
La confusion est fréquente, et elle coûte cher
Beaucoup de femmes arrivent en me disant qu’elles sont épuisées, qu’elles n’en peuvent plus, qu’elles ont besoin de changer quelque chose. Et la première question que je me pose en les écoutant, c’est : est-ce que ce qu’elles vivent vient d’un système qui les a vidées de leur énergie, ou est-ce que c’est leur vie qui cherche à bouger ?
Ce n’est pas la même chose. Et confondre les deux mène à des erreurs coûteuses : se reposer quand il faudrait agir, ou agir quand il faudrait d’abord se reconstruire.
La fatigue physique n’est pas la fatigue psychique
Ce que je repère assez vite dans les accompagnements, c’est l’intensité et la nature de la fatigue.
La fatigue du burn-out est psychique et émotionnelle avant d’être physique. C’est une fatigue qui ne part pas avec le repos. Tu peux dormir dix heures et te lever épuisée. Ton cerveau tourne dans le vide ou ne tourne plus du tout. Les émotions sont soit absentes, soit incontrôlables. Le corps suit, mais c’est la tête qui a lâché en premier.
La fatigue d’une transition de vie, c’est autre chose. C’est souvent une fatigue physique réelle, parfois intense, mais qui a une logique : tu t’es suradaptée trop longtemps à quelque chose qui ne te correspondait pas. Dès que la pression baisse, dès que tu t’autorises à lâcher, le corps récupère relativement vite. Ce qui reste, c’est autre chose : une agitation intérieure, une sensation que quelque chose cherche à bouger, une question qui revient.
Quand j’ai quitté mon poste de DRH un vendredi soir avec une heure pour faire mes cartons, j’étais épuisée. Mais quelques semaines après, physiquement, j’allais mieux. Ce que je portais, ce n’était pas un burnout. C’était des années à faire quelque chose qui ne me ressemblait plus, et le soulagement de ne plus avoir à le faire.
Quelques repères pour t’aider à distinguer les deux
Tu es peut-être en burn-out si tu te sens vide de toute émotion ou au contraire submergée sans raison apparente, si le repos ne restaure rien, si tu as du mal à accomplir des tâches simples qui ne te posaient aucun problème avant, si ton corps manifeste des symptômes que tu n’avais pas : insomnies, douleurs, système immunitaire en vrac.
Tu es peut-être en transition de vie si derrière l’épuisement il y a une question qui insiste : est-ce que c’est vraiment ça que je veux ? Si tu sais que quelque chose ne te convient plus même si tu n’arrives pas encore à dire quoi. Si l’idée de tout changer te fait autant peur que de continuer comme avant. Si tu récupères physiquement dès que tu prends de la distance avec ce qui t’épuise.
Les deux peuvent coexister. On peut être en burn-out ET en transition. Mais l’ordre dans lequel on s’en occupe change tout : un burn-out se soigne d’abord, une transition s’accompagne ensuite.
Ce que ça change pour la suite
Si tu es en burnout, la priorité est médicale et psychologique. Un médecin, un arrêt si nécessaire, un accompagnement thérapeutique. Ce n’est pas le moment de prendre des grandes décisions de vie.
Si tu es en transition, attendre que ça passe tout seul ne fonctionne pas. La question qui insiste ne disparaît pas avec le temps. Elle grossit. Et plus tu l’ignores, plus elle coûte d’énergie.
C’est là qu’un accompagnement peut changer quelque chose : pas pour te donner des réponses toutes faites, mais pour t’aider à distinguer ce qui vient vraiment de toi de ce qui vient de la peur, du conditionnement, de ce qu’on attend de toi.
Si tu veux, on peut voir comment on peut avancer ensemble.
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